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23/06/2009

LES INSTITUTIONS IRANIENNES

Au vu de la cacophonie autour des élections en Iran, cacophonie cachant souvent des intérêts occultes intérieurs et extérieurs et une multitudes d’intérêts contradictoires et de fantasmes, une présentation de l’organisation politico-religieuse de l’Iran et des forces en présence. Ce n’est qu’une ébauche de présentation de ce que sont les Institutions politiques iraniennes, sans commentaire sur les faits et les événements actuels.

Sources : BBC

            Par IBRAHIMI

L'ELECTORAT

Sur une population totale d'environ 65 millions, plus de 46 millions de personnes (toute personne de plus de 18 ans) ont le droit de vote. Quelque huit millions d'entre eux sont nés après la révolution de 1979.

Le taux de participation a atteint le niveau record de 80% lors des élections de 1997 qui a donné la victoire au Président réformateur Mohammad Khatami. Les femmes et les jeunes ont été la clé du vote.

Mais, avec la montée de la désillusion, seulement environ 60% des électeurs ont voté lors des dernières élections de 2005 qui a mené Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir

LE PRESIDENT

Le Président est élu pour quatre ans et ne peut remplir plus de deux mandats consécutifs.

La Constitution fait du Président le deuxième au plus haut rang dans le pays. Il est le chef de l'Exécutive et a la responsabilité de veiller à ce que la Constitution soit respectées.

En pratique, toutefois, les pouvoirs présidentiels sont limités par les religieux et les conservateurs présents dans le pouvoir structurel de l'Iran, ainsi que par l'autorité du Guide suprême. C'est le Guide suprême, et non le Président, qui contrôle les forces armées et prend les décisions sur la sécurité, la défense et les principales résolutions de politique étrangère.

Tous les dépôts de candidatures pour les présidentielles sont sous l'appréciation du Conseil des Gardiens, qui avait barré le chemin à des centaines de prétendants lors des élections de 2005.

Le Président Mahmoud Ahmadinejad

Le président Ahmadinejad a été le maire de Téhéran

Mahmoud Ahmadinejad, qui a été Président de l'Iran depuis 2005, a participé activement à la révolution islamique et a été un des membres fondateurs du syndicat étudiant qui avait occupé l'ambassade américaine à Téhéran en 1979. Mais il nie être l'un des preneurs d'otages.

Il est devenu le premier non-religieux à être élu Président depuis 1981 lorsqu'il avait remporté au deuxième tour les élections de Juin 2005 contre l'ancien président Ali Akbar Hashemi Rafsanjani .

En Iran il représente la ligne dure quit ne favorise pas le libéralisme ou la réforme des institutions politiques, et à l'étranger il est considéré comme celui qui a maintenu une attitude anti-occidentale et une position pugnace sur le programme nucléaire iranien.

Une grande partie de son soutien provient des couches les plus pauvres et les plus religieux de l'Iran, en particulier en dehors de Téhéran.

Mir Houssein Mousavi

Exceptionnellement pour l'Iran, l'épouse de Mousavi a fait campagne à ses côtés

L'ex-premier ministre âgé de 68 ans, est resté hors de la politique depuis quelques années, mais il y est revenu en tant que "modéré".

Il est né dans l'Est de l'Azerbaïdjan et s'est installé à Téhéran pour étudier l'architecture à l'université.

Il est marié à Rahnavard Zahra, ancienne chancelière de l'Université Alzahra et conseillère politique de l'ancien Président iranien Mohammad Khatami.

Un de ses plus grands soutiens à cette élection est Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, l'ancien Président d'Iran, qui dirige actuellement deux des plus puissants organes du régime : le Conseil du Discernement (qui règle les litiges en matière législative) et l'Assemblée des experts (qui nomme, et peut théoriquement remplacer, le Guide Suprême).

Les réformateurs

Mohammad Khatami est un ami de longue date et conseiller de Mir Hossein Mousavi

Le mouvement réformateur iranien est un mouvement politique dirigé par un groupe de partis politiques et d'organisations iranniens qui avaient appuyé le projet de l'ex Président Mohammad Khatami, d'introduire plus de liberté et de démocratie.

Sur un programme politique basé sur une plus grande liberté d'expression, des mesures pour lutter contre le chômage et relancer la privatisation, Mohammad Khatami a été élu Président en Mai 1997 avec près de 70% des voix. Mohammad Khatami n'avait pas réussi à faire passer des réformes fondamentales à travers l'obstruction du Conseil des Gardiens et a été contrecarré par les conservateurs, après que ceux-ci ont récupéré la majorité au Parlement aux élections de 2004.

Il s'était d'abord porté candidat à l'élection de 2009, puis s'en était retiré pour apporter son soutien à Mir Hossein Mousavi.

Les autres principaux réformateurs autres que Mir Hossein Mousavi, sont Mohsen Mirdamadi, Hadi Khamenei, Mohsen Aminzadeh, et Mostafa Tajzadeh.

LE CABINET

Les membres du cabinet, ou Conseil des ministres, sont choisis par le Président. Ils doivent être entérinés par le Parlement qui, en 2005, avait rejeté quatre candidats proposés par le Président Mahmoud Ahmadinejad pour des postes clef. Le Parlement peut également destituer les ministres.

Le Guide Suprême est étroitement impliquée dans la défense, la sécurité et la politique étrangère, de sorte que son cabinet est également titulaire d'influence dans la prise de décision. Les ministres réformateurs sous l'ancien président Khatami ont été contrôlés de très près par les conservateurs. Le Conseil des ministres est présidé par le Président ou le Premier Vice-Président, qui est responsable des affaires courantes.

LE PARLEMENT

Les 290 membres du Majlis, ou Parlement, sont élus par vote populaire, tous les quatre ans. Le Parlement a le pouvoir de proposer et d'adopter des lois, ainsi que de convoquer et de destituer les ministres ou le Président.

Cependant, tous les projets de loi du Majlis doivent être approuvés par le Conseil des Gardiens.

La première majorité composée de réformateurs a été élue en 2000, mais elle a été battue quatre ans plus tard, aux élections de 2004. De nombreux candidats réformateurs ont été empêchés de se présenter.

L'actuel président du parlement est Ali Larijani, ancien chef des négociations au sujet du nucléaire.

LE CLERGE

Le Clergé conservateurs joue un rôle important dans la vie politique en Iran

Le Clergé est domine sur la société iranienne.

Seuls les membres du clergé peuvent être élus à l'Assemblée des experts qui nomme le Guide suprême, surveille son aptitude et peut en théorie le démettre, s'il est jugé incapable de remplir ses fonctions. L'Assemblée est actuellement dirigé par l'ayatollah Ali Rafsandjani, qui est décrit comme pragmatique et prudent.

L'ancien Président Mohammad Khatami a accusé les membres du clergé d'obstruction à sa réforme et a mis en garde contre les dangers que représente le "despotisme" religieux.

Le Clergé domine également le Pouvoir judiciaire, qui est fondé sur la charia (loi Islamique) .

Ces dernières années, les ultra conservateurs ont utilisé le système judiciaire pour saper les réformes en emprisonnant des journalistes et des personnalités réformateurs et en condamnant à la fermeture des journaux réformateurs.

L'ASSEMBLEE DES EXPERTS

Les responsabilités de l'Assemblée des experts sont de nommer le chef suprême, de surveiller son aptitude et de le démettre s'il est jugé inapte à remplir ses fonctions. L'assemblée générale tient deux sessions par an.

Bien que l'institution soit officiellement basée dans la ville sainte de Qom, des sessions sont également tenues à Téhéran et Mashhad. Des élections directes pour les 86 membres de l'assemblée ont lieu tous les huit ans et les prochaines se tiendront en 2014.

Les membres sont élus pour une durée de huit ans. Seuls les clercs peuvent faire partie de l'assemblée et les candidatures à l'élection sont sélectionnés par le Conseil des gardiens.

L'Assemblée est dominée par les conservateurs. Son Président actuel est l'ancien président Akbar Hashemi-Rafsandjani, qui a perdu l'élection présidentielle de 2005 face au président Mahmoud Ahmadinejad.

LE GUIDE SUPREME

Le Guide suprême est théoriquement l'homme le plus puissant du pays.

Le rôle du Guide Suprême dans la constitution est basé sur les conceptions de l'ayatollah Khomeiny qui a placé le Guide au plus haut de la structure hiérarchique du pouvoir politique de l'Iran.

Le Guide suprême nomme le chef du pouvoir judiciaire, six des membres du puissant Conseil des Gardiens, les commandants de toutes les forces armées, les chefs de prière du vendredi et le chef de la radio et de télévision. Il confirme également l'élection du Président. Le Guide suprême est choisi par les religieux qui composent l'Assemblée des Experts.

Des tensions périodiques entre le cabinet du Guide suprême et le cabinet du Président ont souvent été la source d'instabilité politique. Elles ont augmenté au cours du mandat de l'ex-président réformateur Mohammad Khatami ce qui reflète un état de tension plus profond entre les religieux et les aspirations démocratiques de nombreux Iraniens.

Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei

L'ayatollah Khamenei est Guide Suprême depuis 1989

On pense que l'ayatollah Khamenei soutient le Président Ahmadinejad

Khamenei a été un personnage clé dans la révolution islamique en Iran et est un proche de l'ayatollah Khomeiny, fondateur de la république islamique. Il a ensuite été président de l'Iran de 1981 à 1989 avant de devenir Guide suprême à vie.

LE CONSEIL DU DISCERNEMENT

Le Conseil est un organe consultatif pour le Guide suprême lors de l'arbitrage en dernier recours des litiges en matière législative entre le Parlement et le Conseil des Gardiens. Le Guide Suprême nomme les membres de ce conseil, personnalités prééminentes du monde religieux, social et politique.

En Octobre 2005, le Guide suprême a donné au Conseil des pouvoirs de "supervision" sur toutes les instances du gouvernement, délégant une partie de sa propre autorité tel qu'autorisé par la Constitution.

L'effet sur l'importance de l'influence qu'aura le Conseil n'est pas vraiment clair, bien que les observateurs disent que c'est de nature à renforcer la position de l'actuel Président du Conseil, l'ancien Président Hashemi Rafsandjani, qui a été défait à l'élection présidentielle de 2005 par Mahmoud Amadinejad.

LE CONSEIL DES GARDIENS

Ayatollah Jannati est Président du Conseil des Gardiens

C'est le corps le plus influent en Iran et il est actuellement contrôlé par les conservateurs. Il est composé de six théologiens nommés par le Guide Suprême et de six juristes désignés par le Pouvoir Judiciaire et approuvés par le Parlement.

Les membres sont mandatés pour six ans et changent de moitié alternativement tous les trois ans.

Le Conseil est chargé d'examiner pour approbation tous les projets de loi adoptés par le Parlement et a le pouvoir de veto s'il les juge incompatibles avec la constitution et la loi islamique. Le conseil peut également s'opposer à des candidatures aux élections parlementaires, à la présidence et à l'Assemblée des Experts.

Les tentatives des Réformistes de réduire les pouvoirs de contrôle du Conseil se sont avérées infructueuses et le conseil ne s'est pas opposé qu'à six présentations de candidature sur plus de 1000 pour les élections de 2005.

Deux de plus, tous deux réformateurs, ont été autorisés à se présenter après l'intervention du Guide Suprême. Mais les présentations des candidatures féminines ont fait objet d'opposition.

LE CHEF DE LA JUSTICE

Ayatollah Shahrudi est considéré comme proche du Président Ahmadinejad et du Guide Suprême Khamenei

Le pouvoir judiciaire iranien n'a jamais été indépendant de toute influence politique. Jusqu'au début du siècle dernier, il avait été contrôlé par le clergé. Le système a ensuite été sécularisé, mais après la révolution de 1979, la Cour suprême a abrogé toutes les lois qui étaient considérées comme non islamiques. De nouvelles lois fondées sur la charia - loi dérivée de textes et doctrines islamiques - ont été mises en place peu après.

Le pouvoir judiciaire veille à ce que les lois islamiques soient appliquées et définit la politique juridique. Il désigne également six des douze membres du Conseil des Gardiens. Le chef de la magistrature, actuellement l'Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahrudi, est nommé par le Guide suprême auquel il doit rendre compte.

Au cours des dernières années, les conservateurs de la ligne dure ont utilisé le système judiciaire afin de compromettre les réformes en emprisonnant des journalistes et des personnalités réformistes ainsi qu'en condamnant à la fermeture des journaux réformateurs.

LES FORCES ARMÉES

Les chefs de l'armée sont nommés par le Guide suprême.

Les forces armées comprennent la Garde révolutionnaire et les forces régulières. Les deux corps sont sous un commandement général.

Tout le haut le commandement de l'armée et de la Garde révolutionnaire est nommé par le Guide suprême et n'est responsable que devant lui.

La Garde révolutionnaire

La Garde révolutionnaire a de l'influence sur la scène politique iranienne.

La Garde révolutionnaire a été créé peu après la révolution dans le but de défendre le système politique islamique du pays et de fournir un contrepoids aux forces armées régulières.

Elle est devenue depuis l'une des principales forces militaire, politique et économique d'Iran, avec des liens étroits avec le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et le Président Mahmoud Ahmadinejad, un de ses anciens membres.

Les troupes de la Garde révolutionnaire sont estimés à 125.000 actifs. Ce corps dispose de ses propres forces terrestres, navales et aériennes, et est en charge des armes stratégiques.

La Garde révolutionnaire contrôle la milice Basij.

La Garde révolutionnaire dispose également d'une présence puissante dans les Institutions civiles et est supposée contrôler environ un tiers de l'économie de l'Iran par le biais d'une série de filiales et de trusts.

Les milices

Les Basij servent en tant que force auxiliaire et sont contrôlés par La Garde révolutionnaire.

La Force de résistance Basij est une milice de volontaires d'environ 90.000 hommes et femmes avec une capacité supplémentaire de mobilisation de près d'un million de volontaires.

Les Basij, ou "Mobilisation des opprimés", sont souvent appelés dans la rue durant les moments de crise pour contrer par la force la dissidence. Les Basij ont des ramifications dans chaque ville.

 

                                                                      IBRAHIMI

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